FLOOZMAN
«Par une
scandaleuse abondance, il apporte la délivrance »
Dépôt S.A.C.D. 174 627
LE CAHIER DE MAINTENANCE DE
FRED LOOSEMAN
Quelque part au cœur du système financier coule une
source d'argent mystérieuse et intarissable.
Fred Looseman fait partie des très rares hommes qui l'ont
trouvée. Comme eux, il a longtemps mené l'enquête, comme eux il a entrevu la
vérité et comme eux, en approchant l’origine de l’émanation, il a perdu la
mémoire...
Hier, il était encore le brillant directeur de la gestion
des risques du Crédit Mondial et le président de la commission de lutte contre
le blanchiment. Depuis sa chute, il survit grâce au job que la banque lui a
trouvé dans une équipe de maintenance informatique. Sa famille et ses amis se
sont éloignés de lui. Isolé, ses facultés obscurcies, il ne vit plus que pour
réparer les distributeurs et le réseau qui les relie aux ordinateurs centraux.
Parfois, après de longues heures de travail, il lui
arrive d'entendre des voix. En fermant les yeux, il distingue des prières.
Certaines sont si claires et si sincères qu'il lâche ses outils et se met à
pleurer.
C'est ainsi qu'il devient Floozman. Il retrouve ses
esprits, la lumière se fait. Sa banquière l'appelle au téléphone et ce n'est
pas à propos de son découvert, car elle se souvient elle aussi. Ils savent tous
deux ce que Floozman doit faire. Il a les moyens nécessaires et plus encore.
Mais cette richesse n'est pas la sienne, c'est l’argent magique de la
délivrance :
Le terminal portable de
Fred Looseman organise toute l’activité. Enfichée dans le tableau de bord ou
bien simplement posée sur la banquette de la camionnette, la machine dialogue
avec le système de navigation pour optimiser en temps réel l’itinéraire de la
tournée. De temps à autre, lorsqu’il conduit, surtout dans les temps morts de
la circulation, Fred jette un coup d’œil presque affectueux au siège de cette
présence silencieuse.
Il se sert aussi du
terminal pour observer les procédures. Avant chaque tournée, consulter le
planning et les fiches de mission, vérifier la disponibilité des pièces dans la
camionnette ou bien en stock, consulter l’historique des interventions. Lors de
l’intervention : renseigner les champs obligatoires : date, heure de
début d’intervention, heure de fin d’intervention, nom et identifiant du
technicien (c’est lui), type de maintenance (préventive ou curative). Pour
chaque problème ou panne : indiquer catégorie, sévérité, diagnostic,
actions, tests, commentaires. Après chaque tournée, se connecter au réseau et
transmettre les informations.
Il en est très content.
Il se sent plein de reconnaissance en se remémorant le chemin interminable le
long duquel l’interface l’a accompagné pendant sa rééducation.
Il se souvient. Les
premiers temps, lorsqu’il n’avait pas encore tout à fait recouvré la faculté de
lire, il devait deviner le sens des signes selon leur seul emplacement sur
l’écran et dans les menus. Il éprouvait une sensation de vigilance exacerbée au
moment de décider d’une action attendue par l’instructeur. Dans ces moments là,
tendu vers le choix, il se rendait sensible aux minuscules mouvements des poids
accrochés aux fragiles balanciers des représentations mentales qu’il formait
confusément et qu’il regardait tourner sans les comprendre comme un enfant dans
son berceau, attendant indéfiniment que son système nerveux déclenche une
action.
- Tu peux y arriver ! Tu as déjà fait des
choses bien plus compliquées… l’encourageait-on.
Mais plus que tout, la
patience infinie du programme l’enveloppait. Petit à petit, l’organisation des
choses lui était donnée par la machine. Les distributeurs lui rendaient
l’espace et les rues de la ville où flottaient parfois comme des ombres de
vagues réminiscences. Les procédures détaillées lui rendaient le temps, le
commencement et la fin. La distribution de billets lui donnait le sens et aussi
une forme de joie…
C’est dans le champ
« commentaires » des fiches que Fred Looseman pouvait indiquer à la
machine son existence et d’une certaine manière, sa gratitude.
Pour aller au-delà du
travail bien fait, Fred avait compris qu’il pouvait dire dans cette étroite
fenêtre de saisie tout ce qui venait compléter le compte rendu des opérations,
tous les prolongement humains de son industrie qu’il voulait ingénument
apporter au programme et au monde.
Quelques exemples :
Commentaires ==>
Aujourd’hui je suis resté un moment sur le trottoir d’en face pour voir
fonctionner le distributeur mais personne n’est venu. Comme il y avait une
terrasse et que j’avais sommeil, j’ai commandé un café.
Commentaires ==> Les
gens n’ont jamais l’air content de retirer des billets.
Commentaires ==> Je n’aime pas rouler en ville.
Souvent je m’ennuie. On devrait pouvoir tout faire à distance. Je préfère
rouler dans la campagne mais ça m’endort. C’est bon de s’endormir. J’ai rêvé
que je m’endormais sans jamais cesser de rouler, je rebondissais sur les rails de
sécurité, je m’éveillais juste pour éviter une collision ou avant de tomber
dans la mer. C’était tellement compliqué de se garer...
Commentaires ==> J’aime bien le terrain vague qui se
trouve entre le Brico-Piscines et l’Espace Clôtures, du côté du rond point. Il
y a des herbes hautes et des buissons blancs, peut-être des animaux. Personne
ne s’en est occupé depuis longtemps. Je voudrais pouvoir m’y arrêter, mais il
faudrait que je me gare sur la chaussée et tout le monde me verrait.
Commentaires ==> On m’a klaxonné parce que je rêvais
et puis on m’a regardé hargneusement. J’ai dû faire une bêtise. Les conducteurs
me font peur quand ils sont comme ça, surtout s’ils sont dans leur bon droit.
***
Il se souvient aussi de l’arrivée des nouveaux écrans….
Fred n’avait presque plus de problèmes, mis à part ses
absences inexpliquées, lorsque les choses s’étaient compliquées. Salement
compliquées.
Il ne peut pas se
souvenir clairement mais il sait que ces changements sont arrivés avec la
réorganisation de sa société, TermiBank.
Les personnes concernées, elles, avaient toutes compris
le changement de stratégie.
[Séquence
business] Après avoir modélisé ses coûts et exploité les gisements de
productivité identifiés, la direction de TermiBank avait constaté chiffres à
l’appui que son business model n’était plus viable à moyen terme.
Devant la
nécessité d’une adaptation au marché hyper concurrentiel de l’accès aux
services financiers et sous l’impulsion de son jeune directeur général, la
société TermiBank avait élaboré une vision nouvelle et ambitieuse qui allait
bien au-delà de la notion de maintenance : TermiBank deviendrait le n°1 de
la qualité et de l’extension des terminaisons du réseau financier.
Un authentique
changement de paradigme et pour les employés, une nouvelle manière d’être
influente, reconnue, énergisante, source d’engagement et de performance.
Parmi les axes
stratégiques retenus pour atteindre les objectifs fixés, une fois la vision
partagée par les actionnaires, figurait un ajustement dynamique des coûts de
production.
Parmi les actions
retenues pour atteindre les objectifs associés au contrôle du coût des
ressources humaines figurait une réorganisation radicale du travail.
L’adhésion des
équipes constituait un facteur clef de succès.
Rien ne rendait
mieux compte de la stratégie que les schémas colorés présentés aux actionnaires
puis aux employés dans le cadre de réunions extraordinaires où tasses et
T-shirts imprimés étaient généreusement distribués. Les collaborateurs
pouvaient y apprendre qu’il leur appartenait de concrétiser et de dynamiser une
nouvelle conscience collective du succès. Des jeux en plein air de type
«team-buliding», leur enseignaient à exprimer et matérialiser une nouvelle
synergie collective pour libérer la performance.
C’est ainsi que
les équipes de maintenance étaient devenues des centres de profit capables de
générer leur propre volume d’affaires en utilisant les services transversaux
fournis par les unités de services partagés du groupe.
C’est ainsi que
Fred Looseman avait échangé son vieux contrat contre un autre beaucoup plus
flexible. C’est ainsi que Fred Looseman avait obtenu un territoire commercial
«en tranversal» sous le contrôle du responsable de comptes, une formation
approfondie de trois jours à la vente des solutions TermiBank et une exaltante
autonomie qui ne le privait en rien des satisfactions liées à l’exécution des
tâches de maintenance vendues par ses soins, avec l’aide de son équipe. [Fin
séquence business]
Pour toutes ces
activités, de nouveaux écrans encore mal assimilés venaient le guider.
Pour chaque
visite : score du client indicateur d’appétence pour de nouveaux services,
opportunités de vente à qualifier (indiquées automatiquement par le marketing
central) et opportunités qualifiées. Pour chaque opportunité qualifiée :
type de vente, montant et date de signature prévus, stade dans le cycle de
vente, contacts impliqués, concurrence, problèmes potentiels. Pour chaque
contact : nom, fonction, rôle dans le cycle de vente.
Le lien entre ces
écrans et sa paye restait encore difficile à saisir. On lui avait pourtant bien
expliqué que sans écrans, il ne recevrait pas d’argent, qu’il devrait rester
chez lui et qu’il ne pourrait pas prendre la camionnette : aujourd’hui
encore, la raison pour laquelle son salaire était réduit de moitié lui
échappait.
***
Fred a mal dormi cette
nuit. Il doit pourtant se lever tôt pour faire sa tournée. Comme il n’a pas de
chauffage, il pense à la camionnette pour se donner du courage. Il fera bon
dans la cabine. Il ne se lavera pas aujourd’hui pour aller plus vite.
Plus que jamais, les
écrans le guident. Comme il s’agit d’une nouvelle agence bancaire, il ne
reconnaît pas le trajet. C’est sans importance. A droite à 100m puis tout droit
pendant 15km sur la nationale : c’est ce qu’il préfère. Il n’aura plus à
réfléchir. Pendant un quart d’heure défileront paisiblement des feux, des
magasins de moquette ou de bricolage, des bars, des agences d’intérim, des
stations service, des garages éclairés et des ateliers noirs. Son oeil glissera
sur des enseignes en bichromie, des piétons, des néons, des barres de béton et
des pavillons.
Il écoute une radio
jeune qui parle de sexe et les questions des auditeurs le font rougir.
Puis l’itinéraire
requiert son attention. A droite à 20m, la 3ème au rond-point :
« vous êtes arrivé ». Fred regarde l’heure, il est 8h30. Il a une
demi-heure devant lui.
Il dort. Il a toujours
une réserve de sommeil tant ses nuits sont courtes et agitées. En effet, depuis
la révision de son plan de commissionnement, Fred Looseman habite un petit
studio à la cité des muguets, à Plouvigny, en bordure de la rocade. Lorsqu’il
se réfugie en lui-même, les paupières fermées, le mur de bruit ne disparaît
pas. Il semble s’étendre à l’infini, jusque dans les directions intérieures. Il
se distend, se hérisse de grondements et de sifflements, ménage un bref silence
plein d’objets à écouler puis accouche d’un camion, et puis d’un autre encore
plus gros.
Nous savons ce que son
corps sait et que sa pauvre mémoire ignore. Les sons qui tissaient le silence
des nuits de son enfance. Le large feuillage des platanes ému par le vent
d’automne, puis graduellement apaisé. L’automobile mystérieuse qui va seule et
droit au cœur du temps d’été quand l’eau des miroirs tremble dans les vérandas
ouvertes. Le cosmos. Les grillons. Le venin de la lune dans la coupe sombre du
brouillard et le cri du hibou qui la révèle au dormeur. Le parquet qui craque.
La terre qui roule vers la lumière. La rumeur du marché qui enfle avec l’ascension
du soleil et les mots fugaces qui prennent sens sous les volets criblés de
lumière.
Nous savons ce que son
âme animale retient de ce temps heureux où de riches parents veillaient sur son
sommeil.
Nous pouvons aussi nous
pencher sur Fred Looseman, maintenant qu’il s’est assoupi sur le parking, sans
même avoir verrouillé les portes de sa camionnette. Il ressemble à l’enfant et
il ressemble à Floozman. Ce qui est différent, ce sont les petites dissymétries
du visage, le front trop haut peut-être ou bien les joues trop longues. Il
ouvre les yeux pour regarder l’heure. Ce sont des yeux éteints, calculateurs et
lents même lorsque le regard rencontre l’autre. Avec ce même regard, Fred est
capable de mener des conversations techniques comme un vrai professionnel,
surtout lorsque son esprit se déconnecte.
Des vidéos lui ont
montré que rien ne le distingue de ses interlocuteurs, à part l’humour
peut-être. Fred Looseman n’a pas d’humour. Il apprend.
A 9h, il entre dans
l’agence, avec les employés. Il a rendez-vous avec le directeur adjoint,
responsable de l’informatique. Malgré ses progrès, Fred Looseman redoute le
face à face avec ces personnes si compétentes et sûres d’elles. Lorsque le
directeur l’invite à pénétrer dans son bureau, il a envie de s’enfuir.
- C’est pour une
vente, lui dit-il sans s’asseoir dans le siège que lui indique cet homme sec et
rougeaud. Je viens de la part de Jérôme Bêlant, Ingénieur commercial en charge
du Crédit Mondial.
- Je connais bien
Jérôme Bêlant, il nous a invité dans un excellent restaurant à la fin de
l’année, lui dit le directeur. Mais nous avons un robot acheteur. Il a accès au
référentiel TermiBank et aux prix négociés. Jérôme m’a confirmé que tout est à
jour. Connectez-le n’importe où. Je vous rappelle s’il détecte une opportunité.
Vous savez, je n’ai que trois personnes pour faire tourner la boutique, nous
avons du travail.
- Merci monsieur.
Je serai en maintenance du guichet de crédit automatique. A cet instant précis,
ses micro écouteurs sans fil déclenchent le message qui s’est déjà affiché sur
son écran ce matin et qu’il a oublié.
- Euh. Je dois vous
dire….Le guichet ne score plus les clients depuis jeudi. Il a refusé - Fred se
concentre pour ne pas perdre le fil - de…deux clients éligibles et il pratique
un taux ….générique de 4,5% ce qui vous a déjà probablement fait perdre 0,30
points …. Une extension du contrat vous offrirait un délai d’intervention de 4h
contre…
- Voyez ça avec les
robots, ils sont au courant. L’administration des choses…oui, c’est l’avenir,
comme disait ….je ne sais plus qui. Et l’administration des choses par les
choses, c’est le top, moi je dis. Au revoir.
Le directeur adjoint se lève pour le raccompagner vers la
porte de son bureau. Comme celui-ci est très étroit, Fred doit se coller à la
cloison pour laisser passer son hôte.
- Saint Simon weuh’ M’sieur ! Claironne
l’ordinateur de Fred.
Fred n’est pas
mécontent. Pendant l’intervention et en attendant que le robot de l’agence
puisse dialoguer avec le sien, il pourra faire l’expérience du double
squelette : exosquelette et endosquelette. Cette image qui lui est venue
en regardant un documentaire sur l’évolution des espèces le fait sourire.
Son squelette externe le protège, le guide et le relie au monde. C’est une
coquille faite de plusieurs épaisseurs : camionnette, système de
navigation, interface de suivi d’activité, SFA (Sales Force Automation),
organiseur, ordinateur, lunettes de réalité enrichie, téléphone, écouteurs.
Son squelette interne le
porte et assure les fonctions végétatives.
S’il parvient à réduire la pensée à un filet silencieux comme une petite
fontaine dans un jardin zen, il pourra voir s’opérer l’intégration des deux
squelettes qui constitue pour lui un fantasme récurrent. Retirée, évanescente,
sa conscience fatiguée pourra alors connaître une grande paix.
***
Fred sort de l’agence un
peu avant midi. Il n’a rien vendu. Il rebranche tout et commence à saisir son
rapport. Il
utilise les champs libres :
Commentaire ==>
Aujourd’hui, à l’agence, je crois bien que j’ai cessé de penser pendant un long
moment. Tous les systèmes fonctionnaient, y compris les zones du cerveau
sollicitées par le travail. Lorsque ça a cessé, j’ai senti une sorte
d’inquiétude.
Le téléphone sonne. C’est
Jérôme Bêlant.
- Salut
Fred. Je ne te dérange pas ? C’est pour débriefer ta tournée. Je
crois que t’avais une nouvelle agence aujourd’hui. Je t’aurais bien accompagné
mais j’avais rendez-vous avec le responsable du contrôle de gestion de la
caisse centrale pour de la détection de fraude en ligne. C’est une nouvelle
ligne de solutions, il faudra que je t’en parle ! Comment ça s’est
passé ?
- Ben… Le directeur
a voulu qu’on branche les robots et ils ont rien trouvé d’intéressant.
- T’a pas discuté
avec lui ? T’as pas qualifié ?
- Ben non.
- …
- ….
- Bon…. OK. Je vais
regarder ton agenda, la prochaine fois je viens avec toi.
Jérôme Bêlant soupire en
se renversant dans le fauteuil de sa berline. Je vais pas me stresser avant mon
rendez-vous se dit-il. Il se regarde dans le rétroviseur central. Ce type, tout
de même, c’est un mystère qu’ils ne le virent pas. J’arrive pas à croire qu’il
ait des protections au contrôle général. J’en profiterai pour creuser quand je
le verrai, comme ça je ne perdrai pas tout à fait mon temps…
Jérôme Bêlant a aussi ses squelettes. Plus tard, il devra
mettre à jour ses prévisions de vente : groupe, compte, nature de la
vente, problématique du client, type de solution, montant, date de clôture
prévue, contacts, concurrence, engagement (ferme, « streched », joker).
Encore un peu plus tard, il devra expliquer les changements intervenus depuis
la semaine dernière à Thierry Blatte, son manager. Cette perspective ne le
réjouit guère car il est très loin de son objectif et qu’ils savent tous deux
qu’il ne l’atteindra pas. Il doit également mettre à jour ses comptes rendus,
son document de suivi de rendez-vous et la liste des invités à l’évènement
«plongez vos concurrents dans la misère avec les solutions d’aspiration
monétaire du particulier ». Tout ce travail empiètera sur la soirée.
Aura-t-il assez de temps pour sa partie de squash ?
Laissons le système de navigation le guider pendant qu’il
révise mentalement la structure complexe des tarifs qu’il doit présenter dans
trois quarts d’heure à l’autre bout de la ville.
***
Fred Looseman soupire en
s’injectant sur la nationale. Il pense à un jeu vidéo qui s’appellerait la
ville. Le jeu serait sectorisé et la génération des mailles s’effectuerait par
combinaison de paramètres comme la densité, le type de franchises, la
géographie, la richesse, la lumière.
Il sourit. Le temps
finira par passer songe-t-il.
Mais bien vite ressurgit
la détresse qui l’avait empoigné lors du retour de la pensée consciente. Il se
sent sans défense. Il en pleurerait presque et trouverait le chemin de la
prière si le téléphone ne se mettait pas à sonner. Il décroche.
- Fred. C’est Mlle
Marinella. Vous ne pouvez pas faire ça !